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Envie de laisser votre juriste « maison » discuter tout seul des termes de l’accord que vous avez trouvé avec votre interlocuteur business ou technique? Bah voyons! Les discussions entre juristes, c’est juste du blabla et une perte de – votre – temps précieux et vous n’avez vraiment pas envie de vous retrouver scotché dans l’une de ces réunions ou l’une de ces conférences téléphoniques aussi interminables qu’inutiles entre juristes!! Et pour être tout à fait clair, vous ne tenez certainement pas, ne serait-ce qu’à être vu en compagnie d’un de ces juristes, qui, soit dit en passant ne comprend rien au business ou à la technologie!

Bon… En partant du postulat que votre juriste est au moins aussi talentueux que celui ou celle d’en face, je suis sûr que vous conviendrait avec moi que laisser deux juristes discuter entre eux dans leur coin, c’est-à-dire sans aucun ou vraiment peu de support de la part des équipes commerciales, des équipes techniques ou du management n’est certainement pas le meilleur plan pour obtenir un contrat signé rapidement… ni pour parvenir à un accord sur un document d’une quelconque utilité… en d’autres termes pour parvenir à la conclusion d’un bon contrat!

Je dois admettre que je ne sais pas ce qu’est un « bon » contrat. Il n’y a pas de définition pour ça. Ce que je sais, par contre, et par expérience, c’est qu’un bon contrat n’est pas:

– un document dans lequel votre juriste a réussi à imposer à l’autre ses vues ou, aveuglément, la politique contractuelle de votre société. A mon sens, rédiger un contrat n’est pas l’affaire d’avoir tort ou raison sur un plan juridique, et même si ça devait être le cas, faites-moi confiance, deux bons juristes auront alors suffisamment d’arguments à avancer pour camper sur leur position respective au moins suffisamment longtemps pour qu’au final aucun accord ne puisse être trouvé et donc aucun contrat signé;

– un contrat qui est signé une fois que le projet est terminé ou que les produits ou services ont été livrés parce que sa négociation s’est éternisée.

Alors essayons d’être pratique: au fait, pourquoi a-t-on besoin d’un contrat??

Me souvenant d’une discussion que j’ai eue avec mon Manager Marketing chez Schlumberger il y a quelque temps, je dirais que c’est quelque chose « auquel on n’a pas intérêt à avoir à se référer en quelque circonstance que ce soit ». J’ai compris cela comme: « il ne faut ouvrir les contrats que lorsque les choses tournent mal ». Et il est vrai qu’hormis les cas de facturation et de paiement de factures, il n’est jamais fait référence aux contrats lorsque les projets sont sur les rails, lorsque les produits ont été livrés en temps et en heure ou lorsque les engagements de services sont remplis…

Je suis sûr que vous conviendrez que les contrats sont suffisamment bons lorsqu’ils contiennent un texte qui est fidèle au déroulement de votre projet, lorsque leurs  sont adaptées à vos objectifs business, lorsque leur rédaction est suffisamment précise et complète, et, plus important, lorsque leur contenu a un sens sur le plan commercial et technique.

Faites-lui confiance: votre juriste va s’occuper de la partie juridique: il/elle est la bonne personne, celle qui a la bonne qualification. Et si jamais cela n’était pas tout à fait le cas, il/elle se fera un devoir de vous trouver le bon avocat. Mais s’il vous plaît… ne laisser pas votre juriste livré(e)  à lui/elle-même lorsque les négociations contractuelles commencent or si vous trouvez qu’elles s’éternisent!! Avec un peu de chance, vous aurez à faire à un geek ou à un/une féru(e) de stratégie commerciale à tel point qu’il/elle s’en sortira tant bien que mal mais, d’expérience, ce n’est pas évident dans la majorité des cas.

Pour faire court, cela vaut la peine de passer un minimum de temps avec votre juriste préféré(e) jusqu’à la signature du contrat. Si vous ne le faites pas à ce moment là, vous risquez de perdre bien davantage par la suite: du TEMPS et de l’ARGENT, parce que croyez-moi ou non, il n’y a pas  pire expérience que de buter sur un contrat sans queue ni tête le temps des difficultés venu!

Alors, si nous allions dîner maintenant?